Le cheminement intérieur de Marthe Robin est dévoilé grâce à la publication de son "Journal". Découvrez-le en ligne...
Sa vie
Un rayonnement immense
Si le nom de Marthe Robin est indissociable des Foyers de Charité, son rayonnement dépasse largement cette seule fondation. Porteuse d’une intuition qui sera largement confirmée au Concile Vatican II, la spiritualité de Marthe a permis de faire germer et grandir dans l’Eglise une foule d’initiatives. Elle reçoit et conseille plus de 100 000 personnes dont des prêtres, des évêques, des intellectuels, des fondateurs de communauté. Elle a une profonde influence sur l’Église et la société.
A partir de 1928, Marthe comprend peu à peu que le Seigneur veut lui confier une mission. En 1933, elle reçoit une révélation du Christ et comprend que le Seigneur l’a choisie pour une Œuvre qu’il veut commencer à Châteauneuf-de-Galaure, « la grande Œuvre de mon amour ».
Première étape : la fondation de l’école
La première pierre à cet édifice : une école. Une école où les enfants apprendront « à connaître Dieu et à l’aimer », dans ce village où l’athéisme militant est fort. Pour elle, l’enfance est le moment privilégié de la rencontre avec Dieu ; elle voit cette école comme le lieu par excellence pour « apprendre à vivre par amour tout ce que [qui est] fait : travail, détente, repos, prière, services faits par amour ». Sept jeunes filles prennent le chemin des écolières à la rentrée des classes de 1934.
Seconde étape : les Foyers de Charité
La seconde étape sera la création des Foyers de Charité. En février 1936, c’est la rencontre de Marthe Robin et de l'abbé Georges Finet. Ensemble, ils font naître les Foyers de Charité, ces communautés de baptisés, clercs et laïcs, engagés dans l'annonce de l'Evangile. Marthe s'appuie sur cette parole du Christ, reçue dans la prière :
« Je veux que l'Œuvre soit un Foyer éclatant de Lumière, de Charité, d'Amour, l'oasis vivifiante aux âmes découragées, la maison de mon Cœur ouvert à tous ».
L’intuition est nouvelle. D’autres communautés, notamment après le concile de Vatican II, reprendront ce mode de vie communautaire.
Durant la vie de Marthe Robin, une cinquantaine de Foyers de Charité sont fondés dans le monde entier. A sa mort en 1981, l’Œuvre compte environ 600 membres.

Une grande figure spirituelle du XXe siècle
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Marthe commence à recevoir plusieurs grands théologiens. Les Pères Réginald Garrigou-Lagrange, Paul Philippe, André Feuillet, Henri Manteau-Bonamy viennent voir cette petite paysanne qui n'a même pas pu passer son certificat d'études à cause de ses problèmes de santé. Ils en reviennent conquis, et influencés dans leurs travaux théologiques.
Marthe Robin vit aussi de grandes amitiés avec des intellectuels de l’époque comme Paul‑Louis Couchoud, agrégé de lettres, docteur en médecine et incroyant notoire jusqu'à sa conversion, ou le philosophe Jean Guitton, de l’Académie Française.
Un nouveau souffle pour l'Eglise
Dans le bouillonnement spirituel qui suit le Concile Vatican II, nombre de futurs fondateurs viennent trouver Marthe pour découvrir grâce à elle la voie que Dieu leur demande de défricher. D’autres viennent la voir pour se ressourcer, ou pour qu’elle accompagne activement par la prière les communautés qui sont en train de voir le jour.
On compte ainsi parmi les visiteurs assidus de Marthe le père Epagneul, fondateur des Frères missionnaires des Campagnes ; la sœur Magdeleine de Jésus, fondatrice des Petites Sœurs de Charles de Foucauld ; le père Talvas, créateur du Nid, l’association d’aide aux prostituées. De nombreuses communautés nouvelles ont gardé de ce fait une profonde affection et des liens spirituels solides avec Marthe : l’Emmanuel, les Petits Frères de Marie-Mère du Rédempteur, les Petites Soeurs de Nazareth, les Missionnaires de Notre-Dame, les foyers « Claire Amitié », la Fraternité Bethléem-Saint-Benoît, la Communauté Nouvelle Alliance, les Focolari…
En 1993, Mgr Paul Cordès, membre du Conseil pontifical des laïcs, donne une conférence lors de l'assemblée des Foyers de Charité à Châteauneuf-de-Galaure :
"Marthe appartenait aux membres de l’Église que l’on appelle Christifideles laici depuis le synode des évêques de 1987. Ce synode a en quelque sorte tiré un trait de conclusion à une évolution théologique qui a eu son point de départ avec le concile Vatican II et qui a mis en évidence la dignité ainsi que la responsabilité de tous les baptisés pour la mission de l’Église. (...) La plus grande dignité de Marthe aussi est celle d’avoir été baptisée. Nous ne devons pas oublier que, dans sa conscience de la foi et de l’expiation, c’est d’abord son Baptême qu’elle vit en plénitude : mourir avec le Christ et ressusciter avec lui. (...) Les consignes de Marthe valent pour les initiatives des laïcs. Les paroles prophétiques par lesquelles elle a montré le chemin aux groupes mentionnés plus haut ont encouragé les initiatives des laïcs ou pour les laïcs. Ici encore, elle appartient à la page des Christifideles dont le Pape donne un excellent témoignage dans son écrit post-synodal sur le laïcat : il parle d’un nouveau temps d’union entre les laïcs. C’est une louange à la richesse et à la diversité des dons que l’Esprit maintient vivants dans l’Église, ainsi qu’à la volonté et à la générosité des laïcs de proposer de nouvelles initiatives."
100 000 personnes viennent la rencontrer
C’est ainsi que, allongée dans la pénombre d’une chambre qu’elle n’a jamais quittée, Marthe est devenue au fil des ans une figure spirituelle incontournable. Au cours de sa vie, elle aura reçu dans sa chambre plus de 100 000 personnes. Des actrices et des gens tout simples, des ministres et des camionneurs, des compositeurs, des journalistes et des agriculteurs du canton, de nombreux prêtres et évêques… autant de visiteurs si différents, reçus et écoutés.


