Le cheminement intérieur de Marthe Robin est dévoilé grâce à la publication de son "Journal". Découvrez-le en ligne...
Sa vie
L’épreuve de la maladie
Marthe Robin grandit comme toutes les petites filles de la campagne française du début du XXe siècle. Une enfance simple au sein d'une famille de paysans de la Galaure, dans cette région vallonnée de la Drôme. Elle est élevée dans la foi chrétienne mais la pratique religieuse est conditionnée par le travail des champs et l’éloignement de la paroisse, distante de plusieurs kilomètres de la ferme familiale. La maladie qui vient la frapper fait basculer sa vie.
Atteinte d’une maladie incurable
C’est à l’âge de 16 ans que des migraines persistantes commencent à l’affecter. Le 1er décembre 1918, elle s’écroule dans la cuisine. Les médecins suspectent une tumeur cérébrale, puis une méningite. Son état s’aggrave, elle entre dans un état léthargique qui dure 27 mois. Bien plus tard, ce mal sera identifié comme une possible encéphalite léthargique, qui frappait l’Europe à cette époque. À partir d’avril 1921, la jeune Marthe se remet peu à peu. Elle réapprend à marcher. Malgré sa bonne volonté, ses jambes restent toutefois faibles et douloureuses, on lui fait des piqûres dans les genoux. Elle souffre aussi de maux de tête, de douleurs dans les membres et dans le dos.
En 1927, à force de prendre de l’aspirine pour calmer ses douleurs, elle fait une grave hémorragie digestive. Depuis cette date, elle reste alitée et a de plus en plus de difficultés à s’alimenter.
Face à l’absurdité de la souffrance
Marthe bascule donc très jeune dans un quotidien de souffrances. A la douleur s’ajoute bientôt une autre injustice, celle de la solitude. Le bruit court dans le village de Châteauneuf-de-Galaure que Marthe est atteinte d’un « mal mystérieux » : très vite, plus personne ne vient la voir, elle qui est si sociable et affectueuse.
En l’espace de quelques années, elle voit donc tout s’écrouler autour d’elle. A une amie, Albertine Delatour, elle écrit en 1928 : " Je me sens brisée physiquement, moralement et serais bien mieux dans la terre que dessus, à mon avis. (...) Vous, ma douce Amie qui êtes si bonne et qui me comprenez si bien, vous me pardonnerez d'être si peu vaillante."
Mais Marthe Robin choisit la vie. Malgré ses infirmités, elle décide de travailler pour ne pas être à la charge des siens. Des travaux de broderie lui permettent de gagner sa vie et l’aident à se sentir utile.
Dans ces années difficiles, Marthe se raccroche également à sa foi pour essayer d’accueillir le réel de sa vie. En décembre 1928, elle vit un moment décisif : elle comprend que Jésus l’aime, qu’il est toujours à son côté et que ses souffrances la rendent semblable à lui, qui a voulu souffrir pour le salut de tous. Jour après jour, elle avance sur un chemin de foi où sa souffrance est vécue dans l’amour et l’imitation du Christ, pour la conversion des personnes.

La joie de Marthe éclaire et illumine
La douleur n'empêche pas la petite fille espiègle de devenir une adulte qui aime rire et auprès de laquelle on retrouve la paix. L’une de ses proches témoigne : « Lorsqu'elle nous sentait un peu tendus auprès d'elle, elle disait : "Je vais vous raconter la dernière histoire [drôle] que m'ont racontée les élèves de Saint Bonnet [école fondée par le Foyer de Charité]". Elle nous mettait tout de suite à l'aise. Lorsque ça ne va pas, je pense au rire, à la joie de Marthe et ça me redonne du courage. »
Si Marthe a été malade presque toute sa vie, la maladie n’était pas le centre de sa vie. Le centre, c’était le Christ. Par un don de la grâce, ses épreuves ont été transformées en source de vie et d’espérance.


