Témoignage

Une surprise de Dieu

Une surprise de Dieu

Qui peut affirmer n’avoir jamais été surpris par Dieu ? La surprise fait certainement partie de son humour. On l’attend dans une église, il est dans la rue. On croit partir en vacances, loin de lui, et, sans le savoir, on ne fait que se rendre à un rendez-vous qui nous a donné. C’est ce qui m’est arrivé. Peut-on se convertir quand on est catholique pratiquant ? C’est la question que j’aurais pu me poser avant ma « conversion ». Mais je ne me la suis jamais posée car je croyais qu’elle était absurde. Et pourtant ! Je suis un converti. Un converti au Christ même si depuis mon enfance, élevé dans une famille chrétienne, je n’ai jamais « manqué » la messe et j’ai cru me conformer aux « règles » de l’Eglise. Ma conversion a été aussi radicale qu’inattendue. Attention, cela ne veut pas dire que je serai devenu quelqu’un d’autre, voire de mieux. Non. J’ai simplement changé de point de vue. Dieu ne nous modifie pas. Il nous ouvre les yeux. Simplement.

Comment est-ce arrivé ? J’étais étudiant en journalisme. Comme beaucoup d’étudiants j’ai connu des moments de lassitude. Nous sommes au mois de février. J’ai envie de partir, de quitter Paris, le temps de me changer les idées, parce qu’une amie m’a fait comprendre que je n’étais pour elle qu’un ami. J’irais bien à la montagne. Mais où ? Jean-Etienne, un de mes amis proches, aujourd’hui décédé, me dit :
– Tu devrais aller faire une retraite à Châteauneuf…
– C’est où ?
– Dans la Drôme
– Et cela vaut le coup ?
– Bien sûr… Et puis c’est la montagne, enfin les contreforts des Alpes !
– Et c’est cher ?
– Non, tu payes ce que tu peux ou ce que tu veux…
– Moui. Je ne suis pas convaincu.
Devant mon peu d’enthousiasme, il insiste.
– Et puis c’est intéressant. Tu as entendu parler de Marthe Robin ?
– Non, qui est-ce ?
Il me parle alors de Marthe Robin en insistant sur l’aspect étrange de sa vie. Il connaît mon goût pour l’extraordinaire, comme tout bon étudiant en journalisme. Oui, cela peut être intéressant.

Va donc pour Châteauneuf ! Je vais vite déchanter. Quinze jours plus tard, j’arrive à la gare de Saint Vallier. Il doit être vingt heures mais il fait déjà nuit depuis longtemps. S’enfoncer dans la nuit cela veut dire quelque chose. Il est prévu qu’une voiture du foyer vienne nous chercher. Mais il n’y a personne. En quelques secondes les rares voyageurs ont déserté la gare. Ne restent qu’un vieux prêtre et moi. J’ai appris par la suite qu’il était curé dans les Landes ; il avait du faire un plus long voyage que moi. Il est très aimable. Je ne sais plus s’il m’a tutoyé ou voussoyé mais cela n’a aucune importance. Je me souviens seulement qu’il était très grand et très sympathique. « Tu vas à Châteauneuf ? « Oui « C’est bien, un jeune qui vient à Châteauneuf… et je m’entends lui répondre « Oui il faut voir le phénomène avant qu’elle ne meure ! » Ma réponse, s’il elle comportait une part de sincérité, n’était au fond pas vraiment la mienne. Si dans certaines circonstances l’Esprit peut parler par notre bouche, il peut arriver aussi que le démon fasse de même… mais en moins bien ! Je suis certain que ce soir là il était à l’œuvre. Tout au moins je le souhaite car autrement, le démon ce serait moi ! Je n’ai jamais su comment ce prêtre a reçu ma provocation, mais je suis certain qu’il a prié pour moi. Et je l’en remercie aujourd’hui.

Arrive enfin la voiture qui nous conduit au foyer… c’était encore le vieux foyer. On m’indique un lit dans un dortoir. L’horreur ! Je suis replongé dans l’ambiance du collège de mon enfance. Affreux. Je n’ai pas le cafard comme je pouvais l’avoir au dortoir, enfant, mais je me demande vraiment ce que je fais là. Ma vocation de journaliste reprend le dessus. Prenons cela comme une expérience. Je suis en reportage chez les cathos !

Les inscriptions pour rencontrer Marthe Robin se font le mercredi. J’ai donc le temps. Pendant deux jours le lundi et le mardi, j’entends les conférences du père Finet mais je n’ai qu’un désir, que le mercredi arrive et que je puisse m’inscrire pour rencontrer « le phénomène ». Arrive le fameux mercredi, tant attendu. Il est proposé aux retraitants de s’inscrire après le déjeuner. Je me rends dans le hall d’entrée où doivent se faire les inscriptions. Il y a une queue d’une vingtaine de personnes au moins et chaque inscription prend plusieurs minutes. Vais-je faire la queue ? Non. Ce n’est pas de la paresse, mais quelque chose a changé en moi. Brutalement. Je vois tous ces gens. Ils ont tous de bonnes raisons de rencontrer Marthe. Moi, mes raisons sont lamentables. C’est une certitude. Je décide donc de ne pas m’inscrire et je retourne dans la salle à manger prendre un café… … et je me trouve dans le petit bureau des inscriptions, devant la personne qui me demande mon nom. Je lui donne. Je suis donc inscrit pour aller voir Marthe le lendemain. Que s’est il passé ? Je n’en sais absolument rien. C’est le blanc total. J’ai certainement fait la queue pendant un quart d’heure au moins. Je n’en ai aucun souvenir. Ce temps ne m‘appartient pas. M’a t il été donné, m’a t il été pris ? Je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est que ce temps a changé ma vie. Ce temps oublié c’est le temps de Dieu.

Le lendemain donc je suis allé dans la modeste ferme où vivait Marthe. Moi qui, il y a encore vingt quatre heures, voulais « voir le phénomène », je n’ai rien vu. Je suis entré dans la petite chambre de Marthe. Je ne savais plus quoi dire. Je lui ai bêtement parlé de mes études. Je me souviens de ce qu’elle m’a dit : « Il faut des journalistes catholiques » C’était banal. Je suis sorti en me disant que je n’avais pas reçu de message extraordinaire. Pour tout dire j’étais un peu déçu. Ce que je ne savais pas encore c’est que ma vie venait d’être non pas bousculée mais orientée. Rien de spectaculaire. Mais tout était extraordinaire. Ou dans l’ordinaire de Dieu. « Toi, suis moi » C’est ce qui était écrit sur mon image de première communion… C’était il y a quarante ans. C’était hier.

L’histoire a une suite. Deux ans plus tard, alors que je viens de terminer mon service militaire, je cherche un poste de journaliste. Depuis mon retour de Châteauneuf, avec quelques amis, nous nous retrouvons chez les sœurs de l’Adoration Réparatrice, Rue d’Ulm, dans le cinquième arrondissement. Un jour, la supérieure me demande : « Alors, Albéric, où en êtes vous de vos recherches ? – Pas très loin, ma sœur, je continue à chercher. – Êtes-vous allé voir André Frossard ? – Vous n’y pensez pas, ma sœur, on ne va pas voir André Frossard comme cela. – Je vais lui téléphoner, reprend-elle. C’est chez nous qu’il a trouvé la foi. Il nous doit bien cela ! Et c’est ainsi que quelques jours plus tard je me suis rendu chez André Frossard, qui habitait alors Neuilly. Il m’a reçu de façon très chaleureuse et pendant deux heures, nous avons discuté… de la Bible. « Il va falloir que vous reveniez, me dit-il à la fin de l’entretien. Nous n’avons pas eu le temps de parler de choses sérieuses ! Quand je suis revenu huit jours plus tard, c’était pour m’entendre annoncer qu’un poste m’attendait dans un des services du Figaro qui préparait une édition locale pour la banlieue ouest. Et c’est ainsi, que j’ai obtenu mon premier poste de journaliste, par un des plus spectaculaires convertis du XXe siècle. Un lien presque direct avec Marthe Robin ! C’est l’humour de Dieu.

Albéric de Palmaert

L’essentiel sur Marthe Robin
Rien ne prédisposait cette jeune femme de la campagne drômoise à devenir un des personnages centraux du renouveau spirituel de l’Eglise en France. Traversant le XXe siècle, elle rayonne d’un amour qui transfigure son existence.
« Je t’ai choisie pour ranimer dans le monde l’amour qui s’éteint ». Cette parole du Christ à Marthe Robin résume sa mission, celle de révéler l’Amour inconditionnel de Dieu pour chacun.
L’héritage de Marthe Robin est immense. Il se poursuit aujourd’hui à travers de nombreuses communautés ou mouvements dans l’Eglise, mais plus particulièrement encore dans le monde entier à travers les Foyers de Charité.
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